09/01/2012

Des réunions de merde !

Salle de torture (!?)

Quel bazar le travail de groupe !

Combien de réunions où les conversations tournent en rond, sautent du coq à l’âne, ou se perdent loin des points prévus à l’agenda? Combien de sorties frustrées parce que l’on a largement dépassé l’heure ou que l’on manque de clarté sur ce qui a vraiment été décidé ?

80% des personnes que je rencontre se disent mécontentes des réunions qu’elles vivent au travail et estiment y perdre un temps précieux. Et vous ?

En général, elles attribuent la médiocrité du travail de groupe à leur responsable :   « Il/elle est incapable d’animer une réunion, laisse les échanges partir dans tous les sens, pousse ses idées et « prêche » longuement, ou crée un rythme monotone qui endort les troupes… ». Ce diagnostic négatif et la démotivation qui va avec se partagent souvent entre collègues – à l’insu de l’intéressé qui, bien sûr, ne sera pas informé directement (si seulement il/elle savait décoder et utiliser les signaux non verbaux de ses collaborateurs !!!).

Parfois, c’est la « personnalité » d’un/une collègue trop « bavard »,   « contrôlant » ou « incapable d’écouter » qui est en cause. Les autres membres de l’équipe finissent alors par baisser les bras ou par le/la contrer systématiquement… Peut-être subissez-vous ce genre de collègue au travail…

Pour ma part, je suis révolté : notre culture et notre éducation ne nous préparent vraiment pas au travail collectif. Au contraire !  Aucune méthodologie ne nous est donnée, aucune sensibilisation aux dynamiques relationnelles dans un groupe, aucun outil d’analyse des comportements ou de régulation les échanges, aucune formation sur comment répondre à l’opposition et aux désaccords… Il semble que le travail collectif soit considéré comme « si évident » qu’il n’est tout simplement pas abordé par la majorité des institutions. Les gens savent échanger et travailler ensemble, tout le monde le sait bien !

On sort des écoles avec beaucoup de savoirs pour s’apercevoir, une fois dans le monde du travail, qu’il nous faudra perdre beaucoup d’énergie pour les mettre en oeuvre avec les autres… Serait-il plus important d’obéir aux consignes que de parvenir à se mettre d’accord ?

La plupart des personnes voit très bien ce qui ne va pas dans les réunions auxquelles elles participent, mais n’ont ni la position, ni le savoir-faire pour intervenir : elles sont alors condamnées à un silence frustré qui n’est bon ni pour elles, ni pour leur organisation. Elles ne peuvent qu’espérer un meilleur chef ou un changement d’équipe…

Ce que je trouve incroyable, c’est que beaucoup de responsables d’équipes/projets sont cependant satisfaits de leurs réunions !!!  Elles/ils trouvent que « ça ne va pas si mal », même si c’est « parfois un peu lourd ». Déni ? Faible référentiel d’évaluation ? Il est certain qu’en se comparant à la médiocrité ambiante, on peut au final se trouver pas si mal que ça ! Je crois surtout que :

> Nos responsables ont une « zone aveugle » : on ne peut pas percevoir ce qui manque et pourrait être différent lorsqu’on est habitué à vivre les mêmes types d’expériences. Il leur faudrait savoir concrètement ce qu’ils pourraient créer.

> Nos responsables se préoccupent trop du contenu des échanges et pas assez du processus d’échange : le micro-management tue des équipes par centaines ! Le pli est pris : c’est encore l’expertise technique, le savoir, qui prime sur le faire-ensemble.

> Nos responsables sont fainéants : chargés de contraintes et d’objectifs, ils ne vont pas se rajouter des exigences de qualité pour le travail de groupe ! Le référentiel et l’exigence de processus collectifs de qualité doivent venir de l’organisation. Et sur ce point précis, je vois beaucoup de langue de bois dans les organisations, parfois affichée sur les murs (!), mais très peu de concret.

> Nos responsables, ainsi que la plupart d’entre nous, vivons avec la dangereuse croyance que « l’humain, c’est compliqué » et qu’il est donc inévitable et acceptable de vivre avec des comportements individuels qui nous empêchent de travailler ensemble avec plaisir et efficacité. Et si l’on questionnait cette croyance pour voir ce qu’il est possible de réaliser lorsqu’on collabore vraiment ?

Nous avons du boulot ! Heureusement, il n’y a que quelques bases simple à apprendre.  Simples, mais qui demandent de questionner certaines habitudes et lieux communs. Aurez-vous le courage d’aller y regarder ?

 « Continuer à faire la même chose en espérant un résultat différent, c’est la définition de la stupidité »
(dixit ma dernière papillotte de Noël).

 

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